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dimanche 23 juillet 2017

La famille de parrainage de Yuka se raconte : conclusion d'Ariane à l'attention des futures familles de parrainage (partie 4 sur 4)

Ariane m'a envoyé son message à l'attention des futures familles de parrainage par des messages audio via whatsapp.

Vive la new technology ;-)


Collage de photos en deux trapèzes et un rectangle. (Sur la photo dans le trapèze latéral gauche, Yuka et Dasha jouent avec le jouet en forme d'étoile de Dasha. Elles forment une arc de cercle en forme de lune décroissante, la tête en bas de la photo. C'est Yuka, qui se trouve à gauche, qui l'a dans sa gueule. Sur le rectangle supéro-droit, Ariane qui rit tient Dasha dans ses bras. Yuka dont on ne voit que la tête, est quasi gueule à gueule avec Dasha. On dirait que les chiens se parlent et rient ensemble ! Sur le trapèze inféro-droit Yuka, qu'Ariane a eue en vacances en mars dernier durant mon intervention chirurgicale de l'épaule, a retrouvé son panier d'antan, sur la place de travail de sa marraine. Elle y dort, roulée en boule). 

Comme elle a dicté en parfaite impro, elle préfère que je retranscrive les dits messages :

«Je crois qu'on est jamais prêt à être famille de parrainage, malgré peut-être la lecture du livre de M. Johannot sur Orion, malgré ce qu'on peut lire sur internet sur le site de Brenles, malgré les journées de formation qui sont dispensées. Je crois qu'on débute vraiment au moment où on a le chiot qui arrive dans notre foyer. 

Ce dont on ne se rend pas compte, je pense, c'est qu'il faut énormément d'organisation préalable. C'est-à-dire qu'au début c'est : toujours téléphoner dans les restaurant pour avertir qu'on vient avec un chien, qu'on nous mette dans un coin et pas que le chien soit sur le passage. Cela veut dire appeler le pasteur pour dire qu'on aimerait venir avec un chien pour le culte du catéchisme des enfants, ça veut dire réserver une table pour le marché de Noël mais leur dire qu'il ne faudrait pas que l'on soit sous les haut-parleur et qu'on soit peut-être dans un endroit où il y a un petit dégagement pour qu'on puisse y installer le chien. C'est-à-dire prendre contact avec l'orthodontiste des enfants et savoir s'il est possible de venir avec lui dans la salle d'attente... 


Je crois que la grosse difficulté, ce que les gens doivent comprendre, c'est que cela ne veut pas dire simplement prendre le chien partout avec soi : ça demande vraiment une grosse organisation au départ pour le bien-être et l'acceptation du chien, dans tous les lieux où on va se rendre durant le parrainage. 

Si le chien est en général assez bien accepté, il ne faut pas oublier que parfois on se retrouve face à des gens obtus, qui n'en ont peut-être rien à faire que ce soit un futur chien-guide. Je dirais qu'il faut aussi s'endurcir car parfois on a des gens qui vont nous dire : «ce chien va être le futur esclave d'un aveugle, c'est terrible, il ne pourra jamais jouer avec des copains, etc.». 


À ce niveau-là il y a peut-être encore des choses à faire au niveau de la presse, des reportages télévisés, pour sensibiliser les gens au fait que nous, les familles de parrainage, nous sommes dans une zone grise du fait que nous ne sommes pas malvoyants ou non voyants mais que pour que nos chiens puissent apprendre dans de bonnes conditions il faut aussi nous donner accès à tous les lieux publics où sera susceptible de se rendre le futur détenteur du chien que nous avons eu en parrainage. 

Avec un jeune chiot en parrainage on ne fait plus du tout les choses «vite». On ne va pas vite prendre un train, on ne va pas vite en ville. Ça nécessite vraiment de prendre des cornets (NB sac en plastique), de prendre du papier ménage s'il y a un oubli ou des choses comme ça. 


Prendre un train, implique de partir longtemps en avance pour que le chien ait le temps de faire ses besoins. Idem avant d'entrer dans un magasin C'est pas toujours très simple au début. Ça m'avait un peu frustrée au début parce que j'aime bien que le choses aillent vite. Avoir un chiot en parrainage  veut dire : «prendre le temps de», avant de faire. 

Au plein personnel, au plan professionnel – dans la formation des moniteurs de sport pour les seniors –, je dois dire que c'est tout ce travail de parrainage que nous effectuons, – nous sommes dans notre neuvième année maintenant, nous avons commencé en juillet 2009 non stop avec quelques chiens adultes entre temps, il y a eu Payu, Yuka, Ybsi, Bangui, pour des dépannages –, ça m'a appris deux choses très importantes : premièrement, la patience. La patience d'être constant dans ce qu'on demande au chiot dans l'apprentissage, puis la deuxième chose, je dirais c'est de ne jamais être paniqué parce que les choses ne se passent pas comme prévu. Tout d'un  coup le chien vomit dans un restaurant, ou fait un stacca dans un magasin... il faut être prêt à tout : ça laisse peu de place à un manque d'organisation encore une fois. Ça m'a apporté beaucoup dans ma vie de femme : de ne pas être vite pris au dépourvu si tout d'un coup il y a un grain de sable dans un rouage. 


La plus belle des récompenses finalement (parce qu'il ne faut pas oublier que nous sommes des purs bénévoles à 100%, et parfois, tout au début c'est quasiment du 24h sur 24 si on n'est pas beaucoup aidé à la maison, c'est que d'une part il faut aussi pouvoir un moment donné se décharger sur des personnes compétentes, parce qu'on ne peut pas tout le temps tout faire tout seul. Il est donc bienvenu d'avoir un réseau de gens qui connaissent les chiens, ou qui connaissent les chiens des personnes malvoyants, ça aide beaucoup aussi) finalement, la plus belles des récompenses disais-je, dans ce bénévolat actif et même très actif, ce sont toutes les belles rencontres qu'on fait, notamment dans les transports publics, on croise des gens qui nous disent «c'est merveilleux ce que vous faites ! C'est beaucoup de travail mais on connaît une malvoyante et depuis qu'elle a un chien, elle avance beaucoup plus vite, ces déplacements se font beaucoup plus en sécurité qu'avant, c'est un merveilleux compagnon aussi !». La plupart du temps c'est vrai que les gens traitent les chiens-guides avec beaucoup de respect. Finalement on est largement récompensé de notre temps donné par ces rencontres qu'on fait de manière impromptues, ce sont des gens que nous n'allons jamais revoir, mais c'est très gratifiant ce qu'on nous dit. 


Et puis il arrive un moment où vous allez quelque part, à l'église, sans votre chien parce que vous êtes entre deux chiens et qu'on commence à vous dire : «mais il est où ton chien ? Tu sais que tu dois le prendre partout ?». Là on se rend compte que c'est très ancré et qu'on a fait tout un travail de faire connaître la fondation, de faire connaître ses merveilleux anges à 4 pattes. 


Pas plus tard qu'hier, je me promenais en ville de Meiningen avec le petit manchon jaune où il y avait le logo de la fondation sur la laisse de Dasha et je me suis fait harponner par un couple de gens d'une soixantaine d'année et le monsieur m'a dit : «ah, un chien de Magliaso ! (NB la nouvelle antenne en suisse italianophone de la fondation romande de chiens-guides située à Brenles)». Je lui ai demandé comment il connaissait, il m'a répondu : «j'habite à côté, à 3 km !». Finalement nous nous rendons compte que nous sommes aussi des ambassadeurs et que nous faisons connaître la fondation.


Au final je dirais que temps que continuer notre bénévolat nous tient à cœur, pour moi c'est devenu un véritable virus au bout du 6ème chiot, tant que la santé sera là, l'endurance, la force aussi et l'enthousiasme, – surtout l'enthousiasme –, nous fera avancer et continuer à donner de notre temps, pour ma part, j'aurai du plaisir à continuer dans cette voie.


La dernière chose que je voulais dire, car finassent j'ai beaucoup parlé de bénévolat, je l'ai dit au début de l'interview, j'ai eu l'exemple de ma grand-mère paternelle et de mes parents, je trouve qu'en tant qu'être humain si on a la possibilité de faire quelque chose pour quelqu'un d'autre, ça peut être pour des enfants, des personnes avec handicap, au niveau langues, d'aller lire dans des hôpitaux, quelle que soit la forme de bénévolat, – et je sais que c'est peut-être plus ancré en Suisse alémanique que romande il faut le dire –, je trouve que c'est quelque chose de très très beau et de très enrichissant pour être humain».


Finalement, Ariane a accepté que je boucle cet article par ses deux derniers messages audio, en vous les livrant sous cette forme. 

Comme il m'est impossible de mettre un document audio sur blogger, j'ai transféré ces messages sur iMovie, et j'ai fait un montage sur un film. Attention, Achtung, Attentione ! Je n'ai pas pu régler le son, donc ne mettez pas le volume à fond ! 

J'ai choisi un film tout récent, David nous a filmées, Yuka et moi, nageant à La Perle du Lac. Nous avons notre petit rituel : aller le matin si possible avant qu'il y ait beaucoup de monde ou le soir assez tard, s'équiper de deux bouteilles d'un litre et demi d'eau pour pourvoir nous doucher après baignade (il y a des puces de canard), sécher les oreilles de Yuyu, et la sécher vigoureusement pour éviter qu'elle ne fasse une dermatite. Idem pour moi (mais sans les oreilles lol). 



En écoutant, j'entends un truc... euh, Ariane, comment ça, ma Yuyu est la meilleur de l'Univers ... jusqu'à présent ? I'm really shocked ! 😂
Yuka & Talaria 💞 Merci de votre visite. N'hésitez pas à liker, à partager, à commenter. Votre avis m'intéresse ! À bientôt pour des prochaines aventures 🐾👣

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