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dimanche 8 février 2015

L'attente

Deux ans maintenant que je me renseigne sur les merveilleuses capacités des chiens-guides et que j’ai envie d’en avoir un.


Photo, de profil, d'un chaton (à gauche) et chiot (à droite) qui se regardent. Les deux sont dans l'herbe. Le chaton me semble être un chat de gouttière, il a le flanc clair, le reste coloré. Cela pourrait être une tricolore. Le chiot qui le dépasse d'une tête est un labrador beige.


Avec un chien-guide, j’y gagnerai en sécurité dans mes déplacements, ce qui réduira considérablement mon stress, ceci d’autant plus qu’outre ma malvoyance, j’ai un trouble d’intégration sensorielle qui concerne tous mes sens sauf le tactile - ce dernier me stabilise, d'où l'acceptation assez rapide de la canne longue blanche dite de détection -, ce trouble étant la conséquence d'un syndrome d’Asperger dont je parle dans mon premier blog » L'AspiePhonissime.  Pour faire simple, je dirais que je suis rapidement en surcharge sensorielle et très stressée.

Les aspies, comme nous nous appelons entre nous, ont souvent pour point commun un très grand amour pour les animaux. Je ne fais pas exception, je trouve qu’ils embellissent nos vies. Leur amour est inconditionnel. J’ai déjà le bonheur d’avoir deux chats qui sont pour moi une grande source de joie.

Ceci dit, je ne saurais profiter de l’aide d’un chien-guide sans lui apporter de mon côté une vie équilibrée : un labrador a besoin de jouer, de se dépenser et que son maître l’emmène faire de longues promenades 365 jours sur 365, quel que soit le temps. Avoir un chien c’est faire une croix sur les grasses matinées (qu’en principe mes chats me permettent, sauf quand elles ont décidé autrement et de me faire me lever coûte que coûte) et sur les soirées tranquilles, en pyjama, à la maison !

Or, il se trouve que je ne suis pas exactement connue pour me lever dès l’aube et encore moins pour être une adepte de sports extrêmes. Je plaisante. Disons que je suis sédentaire et que les premières réactions de mon entourage, lorsque j’ai fait part de mon projet furent assez mitigées : «Mais.. tu sais qu’il faut le sortir le matin ?». «Ah bon, il n'aura pas appris à aller aux WC tout seul et à tirer la chasse d'eau ?» avais-je un peu envie de rétorquer. Ok je n’ai jamais eu de chien et je n’ai pas cette expérience. Mais cela faisait tout de même partie de mes connaissances de base !

Si les personnes qui m'entourent ont de la peine à m’imaginer en «propriétaire»1 d’un chien, elles ne devraient pas ignorer, si elles me connaissent un tout petit peu, que je ne suis pas du genre irréfléchi ni à prendre des décisions à la légère. Je suis quelqu’un de sérieux et de conséquent. Donc si j’ai fait cette demande, c’est que j’y ai longuement réfléchi, que je suis capable de prendre mes responsabilités et me sens prête à relever le défi «longues promenades d’agrément avec mon chien».

Si j’ai mis tant de temps, c’est justement parce que j’ai voulu entamer mon problème de réveil matinal à bras le corps et que j’avais besoin de me sentir capable d’assumer cette tâche quotidienne.

Après moultes hésitations : acheter un simulateur d’aube, ? Me coucher plus tôt ? Une heureuse synchronicité s’est manifestée : le store de notre chambre à coucher, à mon ami et à moi, s’est coincé une fois ouvert. Impossible de le faire redescendre. Le temps qu’il soit réparé, j’y ai vu l’opportunité de me réveiller (et d’être vaillante) plus tôt. Bien plus tôt. Et... cela a fonctionné ! J’ai fait de nets progrès pour me réveiller le matin.

Puis un jour, je me suis sentie prête. J’en ai parlé avec mon médecin traitant, qui disait trouver regrettable que je raréfie mes déplacements par manque de sécurité, que je ne puisse plus profiter d’une promenade en pleine nature en marchant d’un bon pas. Avec la canne de détection et les cours de locomotion que j'ai suivi l'été 2011, j'ai déjà gagné en autonomie, mais je ne marche plus aussi vite qu'avant. Je manque d'exercice. Bref lorsque mon médecin me demandait ce qui pourrait être fait pour que je bouge plus pour ma santé, puisse agir sur mon surpoids, je ne mange pourtant pas trop, quoi que pas toujours équilibré, etc. je lui ai parlé de mon envie d'avoir un chien-guide. Il a immédiatement adhéré à mon idée, ce qui m'a stimulée à passer à l'étape suivante : le téléphone pour demander des renseignements. Il faut dire qu'en bonne aspie, je déteste GRAVE téléphoner. Je procrastine à donf' !

Moi qui avais tant pensé qu’un jour je demanderais un chien, sans rien faire, dès que j'ai eu un contact téléphonique, je me suis mise à le sentir comme une urgence ! J'ai tant attendu et soudain j'étais très déçue d’entendre que ce je recevrais pas mon chien avant le printemps, le temps qu'un chien compatible soit formé. Pourtant, mon appel datait de novembre voire début décembre 2014).

J’ai eu mon premier rendez-vous fixé dans cette école, le 17 décembre 2014 où je me suis rendue avec mon ami. J’y allais pour recevoir de nombreuses explications sur le parcours des chiens-guides dès leur naissance dans l’école (j'ai même pu visiter la nurserie et pu porter deux petits labradors de 3 semaines ! Trop coooool ! Trop craquant !). Nous avons pu voir un film et j’ai pu clarifier mes attentes, poser toutes mes questions (il y en avait un paquet), sans oublier ma première promenade avec un chien-guide au harnais qui était en fin de formation et déjà attribué. Il faisait froid, il pleuvait, mais durant cette belle promenade, j’étais si heureuse que je ne l’ai pas senti du tout, ce froid ! J’ai pu constater que je marchais notablement plus vite que d’habitude.

Rendez-vous fut fixé pour une visite à domicile le 6 janvier 2015. La directrice est venue nous voir avec une gentille femelle en fin de formation qu’elle ressentait comme possible pour moi. Cette visite consistait à faire un premier repérage de mon lieu de vie, l'entourage, de cibler les endroits où je peux promener le chien. Elle a pu voir mon appartement,  et comment cela se passerait avec nos deux chats. Sur ce sujet, elle m'avait déjà rassurée.  Les DV qui ont des chats ont classiquement peur de leur réaction. Aucun chat n'a, jusqu'ici, été le motif d'un refus de placement d’un chien-guide. Cela prend souvent 2 semaines pour que les chats s'habituent, et parfois il y a des plus récalcitrants qui prennent plus de temps pour accepter «l’intrus»...

Ce fut une énorme surprise et rien ne s'est déroulé comme prévu. Euterpe, ma tricolore de 8 ans ½ que j'ai eue lorsque j'étais seule, a la réputation d’être un chat pas très facile, peureux. Elle soufflait beaucoup quand elle était petite et a reçu un diagnostic de HSHA («hypersensible hyperactive» si si, ça existe !). Elle perd petit à petit cette mauvaise habitude. Enfin sauf si elle se trouve nez à nez avec un vétérinaire... Elle nous avait déjà fait la surprise, à mon ami et moi, alors qu’elle avait 6 ans, de bien accepter Uranie, 2 mois, une adorable tigrée. Quant aux chiens, elle n’avait eu qu’un contact lorsqu'elle était encore un chaton de 5-6 mois, c'était avec une adorable border-collie qui n'a pas aboyé une seule fois. La réaction d'Euterpe ? Elle était allée dormir à côté de la border-collie. Avait-elle gardé une empreinte positive de ce moment ? Toujours est-il que le soufflage tant redouté ne s’est pas fait entendre. Euterpe nous a rejoint au salon, là où nous avions fait entrer la future chien-guide. Elle venait voir, s’éloignait, revenait, et a même fini par venir s'installer calmement dans mes bras comme elle en a l'habitude. Elle n’a pas mal réagi du tout lorsque la chienne m’a fait de gros câlins. Quant à Uranie la malice, comme je l’appelle, elle qui d'habitude est si curieuse et cherche des câlins de tout humain qui entrent chez nous, - contrairement à Euterpe qui est lente à faire confiance -, voilà qu'elle s'est réfugiée, terrorisée, sous notre lit ! Pourtant nous étions quasi certains qu'avec elle il n'y aurait aucun problème !

Après quelques heures passées avec nous, une promenade au harnais, bien sûr, notre visiteuse est repartie avec cette adorable labrador qu’elle a jugée un peu trop exubérante pour moi. J’ai acquiescé même si je me serais adaptée, car elle est très attachante. Je lui fais confiance, elle a beaucoup de métier, et je sens qu’en effet, un chien plus calme pourrait mieux me convenir.

Maintenant... C’est la phase la plus difficile. L’attente. Du téléphone m’annonçant qu’ils ont trouvé le chien qui me sera attribué, me communiquer son prénom, fixer un rendez-vous à mon domicile avec le formateur/trice/la du chien, qui sera donc mon instructeur/trice. Il ou elle m'amènera le chien avec son baluchon : un énorme coussin où l'installer, à manger, et elle me donnera un cours très intensif à domicile pour prendre soin du chien. Cela pourrait être pour ce printemps, mais rien n’est garanti, cela peut aussi être pour plus tard.

Depuis, je dompte mon impatience. Je me réjouis énormément, prends de nombreux renseignements pratiques : où puis-je permettre à mon chien de se baigner, sachant que le labrador adore nager ? Pleins de questions s’offrent à moi.

J’ai décidé de faire se blog pour échanger sur cette merveilleuse aventure qui a commencé le 17 décembre 2014 et donner quelques renseignements à d’éventuels candidats pour un chien-guide (sachant que les pratiques diffèrent d’une école à l’autre...) et informer les personnes que ce sujet intéressent, sur ce qui se passe avec un chien-guide, comment il travaille, etc.

De ce que j’ai compris, je recevrai l’adresse des parrains chez qui mon chien a été élevé au sortir de la nurserie de l'école de chiens-guides, ie 9 semaines jusqu'à ses15 mois environ, avant de réintégrer l'école pour y recevoir la formation de guidage jusqu'à l'âge de 2 ans et des poussières. Je prendrai contact avec eux, ne serait-ce que pour les remercier de leur générosité, de passer du temps avec un chiot qu'ils ont dû rendre ensuite... Je leur proposer aide voir ce qu’est devenu le chien avec qui ils pourront avoir un contact s'ils le souhaitent. Je verrai s'ils auront envie d’échanger des photos, que je puisse retracer l’histoire de mon labrador - ou plutôt de notre labrador - et leur permettre à eux aussi de suivre son parcours. Voici en quelques mots la raison qui m’a fait ouvrir ce blog.

Je le personnaliserai lorsque j'aurai reçu mon chien. Je ne donne pas plus d’informations pour le moment, je demanderai en temps voulu l’autorisation de donner des infos sur l’école d’où il est issu.
Il ne me reste qu'à vous souhaiter la bienvenue sur ce blog !


1J'utilise un guillemet pour signaler qu'un chien-guide n'appartient jamais à la personne déficiente visuelle - qu'on abrège par DV - qu'il accompagne. Il appartient toute sa vie à l'école de chiens-guides qui lui garantit sa qualité de vie depuis sa naissance, aussi bien quand il est placé dans sa famille de parrainage, qu'ensuite chez un DV puis finalement lors de son placement en retraite. Ceci étant dit, pour alléger mon écriture, j'utiliserai désormais le possessif et me désignerai comme propriétaire du chien-guide qui sera placé chez moi.

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